Memorabilia Mvsevm traite des morceaux de statuaire classique comme des pièces de musée : une main d'homme et une main de femme, un pied d'homme et un pied de femme, une bouche, une oreille, un nez, un œil, un sexe, deux têtes et deux ailes, détachés d'un ensemble qui n'existe pas. Les fragments ...
Memorabilia Mvsevm traite des morceaux de statuaire classique comme des pièces de musée : une main d'homme et une main de femme, un pied d'homme et un pied de femme, une bouche, une oreille, un nez, un œil, un sexe, deux têtes et deux ailes, détachés d'un ensemble qui n'existe pas. Les fragments de corps sont moulés en porcelaine laissée blanche et lisse, sans décor, pour que seul le modelé se voie ; les deux ailes, beaucoup plus grandes, sont en fibre de verre. Les formats vont d'une quinzaine de centimètres pour les plus petits fragments à quatre-vingts centimètres de long pour une aile, ce qui autorise aussi bien la pièce isolée sur une étagère que le rassemblement de plusieurs morceaux sur un même plan. Aucune n'a d'usage pratique : ce sont des sculptures, pas des contenants.
Celui-ci est, avec l'oreille, le seul des petits fragments qui se tienne debout : les mains, les pieds, la bouche et l'œil sont tous plus longs que hauts et se posent à plat, comme des objets trouvés, tandis que le sexe et l'oreille s'élèvent sur leur base, comme des sculptures sur socle. La différence n'est pas qu'esthétique, elle décide de l'endroit où la pièce peut aller : ce qui se pose à plat demande un plateau, ce qui tient debout demande une hauteur libre. Et contrairement aux deux têtes, que l'éditeur rattache nommément au Discobole de Myron et à la Nymphe de John Gibson, ce fragment-là n'est rattaché à aucune œuvre : c'est un morceau de statuaire sans statue, d'après le travail des grands sculpteurs classiques italiens, et c'est la seule filiation que l'éditeur revendique pour lui.
Deux matières, deux échelles
L'éditeur nomme deux matières dans la série : la porcelaine pour tous les fragments de corps, les deux têtes comprises, et la fibre de verre pour les deux ailes de 80 cm de long. Les têtes ne sont pas anonymes : l'éditeur les rattache au Discobole de Myron et à la Nymphe de John Gibson, et présente les deux ailes blanches comme une évocation d'Amour et Psyché. Aucune consigne d'entretien n'est publiée pour cette collection.